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HOMMAGES ET RÉTROSPECTIVES

Christian Petzold

En sa présence

Depuis la fin des années 90, Christian Petzold s’est affirmé comme le plus important réalisateur allemand apparu après la chute du mur. Son œuvre impressionne dans sa tentative d’embrasser les problématiques de l’Allemagne contemporaine et de questionner l’héritage de la réunification. Il a collaboré au niveau de ses scénarios avec Harun Farocki jusqu’au décès de ce dernier en 2014. L’un comme l’autre ont eu comme désir de redonner au cinéma allemand des images qui lui soit propre, avec le désir profond d’aller représenter ce que le cinéma, en général, omet de filmer. Si Farocki l’a fait toute sa vie dans des documentaires expérimentaux, il encourageait Petzold à faire autrement. « Les films de fiction, c’est à toi de les faire. » lui disait-il.


N’ayant pas peur du romanesque, aimant jouer sur des références policières, parfois même horrifiques, Petzold commence sa carrière avec plusieurs films qui s’ancrent directement dans une certaine quotidienneté. Contrôle d’identité, son premier long métrage, que le Festival Premiers Plans avait projeté en compétition officielle en 2001, évoque les traces du terrorisme d’extrême-gauche ; Yella en 2007 aborde le capitalisme contemporain comme mirage et Jerichow, le rôle de l’argent dans une histoire de trio amoureux.


L’actrice Nina Hoss devient le visage de ses films et l’on compare leur collaboration à celle de Fassbinder et Hanna Schygulla. C’est elle qui porte Barbara en 2012 et Phoenix en 2014. Avec ces deux films, Christian Petzold commence à connaître une reconnaissance publique alors que son cinéma prend un tournant plus historique. Il s’agit maintenant pour lui de remonter le temps et de revenir aux sources traumatiques de son pays (le bloc communisme dans le premier ; l’après-guerre dans le second). Claude Chabrol est une référence pour lui (son film L’Ombre de l’enfant adapte le roman à l’origine de Que la bête meure) et, comme lui, il tente d’interroger le contemporain à travers des intrigues narratives et une connaissance aigüe du cinéma d’Hitchcock. Transit (2018) prolonge encore ses recherches en adaptant de manière singulière un roman d’Anna Seghers de 1940. Georg, le personnage central, transite par Marseille dans le but d’aller aux États-Unis alors que les troupes nazies progressent sur le territoire français. L’originalité folle du film est d’avoir transposé le récit dans le monde contemporain sans passer par la reconstitution historique. Enfin, Ondine (2020), qui a récolté deux prix au Festival de Berlin, est une variation sur le mythe qui questionne une autre obsession de Christian Petzold : comment l’amour survient encore dans un monde qui ne lui laisse plus de place ?  Sa réponse emmène son cinéma sur le chemin de l’onirisme. Car les films de fiction, c’est lui qui les fait.



Longs métrages
Pilotinnen
Allemagne - 1995
Die innere Sicherheit
Allemagne / Portugal - 2000
Wolfsburg
Allemagne - 2003
Yella
Allemagne - 2007
 
Jerichow
Allemagne - 2008
Barbara
Allemagne - 2012
Phoenix
Allemagne / Pologne - 2014
Transit
Allemagne / France - 2018
 
Undine
Allemagne / France - 2020
 
Courts métrages
Süden
Allemagne - 1990
Ostwärts
Allemagne - 1991
Où en êtes-vous, Christian Petzold ?
France / Allemagne - 2017
 
Carte blanche
Nicht ohne Risiko
Harun Farocki
Allemagne - 2004