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HOMMAGES ET RETROSPECTIVES

Isabelle Huppert, européenne


© Carlotta films
La Cérémonie


Claude Chabrol
1995 - France / Allemagne - 1h51
D'après un roman de Ruth Rendell


Horaires : vendredi 26 janvier - 21h45 - Centre de Congrès - Auditorium - présenté par Isabelle Huppert - comédienne - Film audiodécrit et sous-titres SME
Une famille bourgeoise recrute une nouvelle bonne à tout faire, Sophie. Celle-ci souffre d'un handicap qu'elle dissimule à ses employeurs : elle est illettrée. Les choses se dégradent lorsqu'elle se lie d'amitié avec Jeanne, la postière qui ouvre les lettres.
"Jamais Claude Chabrol n'avait porté à un tel degré d'incandescence son hostilité à l'ethos bourgeois, surtout lorsque celui-ci se drape dans la respectabilité, qui prend à la fin les atours de la distinction, au sens bourdieusien du terme, c'est-à-dire dans des pratiques culturelles distinctives. Ainsi, les Lelièvre sont exécutés au moment même où, comble de grotesque, ils mettent leurs plus beaux habits pour regarder un opéra à la télévision. La charge est évidemment politique, mais Chabrol n'a pas l'intention de l'asséner comme une profession de foi, grand joueur qu'il est, jusqu'au stupéfiant dénouement final où les meurtrières, avatars modernes des sœurs Papin, sont elles-mêmes victimes d'une terrible fatalité, comme s'il fallait remettre la fiction sur ses pieds et rappeler le rôle démiurgique de l'auteur, qui s'arroge un droit de vie et de mort sur tous ses personnages.
Pour le reste, les comédiens sont formidables, Isabelle Huppert et Sandrine Bonnaire en tête, toutes deux récompensées par la Coupe Volpi, à la Mostra de Venise 1995 : la première trouve dans le rôle d'une postière viscéralement sans-gêne un des meilleurs emplois de sa carrière, prouvant une fois de plus que, dans son magnifique parcours artistique, sa collaboration avec Chabrol aura été un jalon important ; la seconde incarne une servante mutique et analphabète, qui garde pour elle ses sentiments réprobateurs et vit dans la honte d'être découverte. À travers elle défile une cohorte dont le marxisme a documenté le destin, ces "damnés de la terre", subissant l'humiliation d'être socialement dominés, attachés au service de bourgeois qui les méprisent. Dans le rôle du patriarche, qui suinte l'arrogance, Jean-Pierre Cassel livre une prestation de haute tenue, comme la version plus cauteleuse de l'ignoble Paul Decourt dans
Que la bête meure.
Des années après, l'un des chefs-d'œuvre du réalisateur demeure un film d'une brûlante actualité : oui, il se pourrait bien que des gens socialement méprisés retournent la violence contre ceux qui l'ont déchaînée." (Jérémy Gallet ;
avoir-alire.com)
GENERIQUE


Interprétation :Isabelle Huppert, Sandrine Bonnaire, Jean-Pierre Cassel, Jacqueline Bisset, Virginie Ledoyen

Scénario : Claude Chabrol, Caroline Eliacheff
Image : Bernard Zitzermann
Son : Jean-Bernard Thomasson, Claude Villand
Montage : Monique Fardoulis
Musique : Matthieu Chabrol

Production : Les Productions Traversiere, MK2 Productions, Olga Film, Prokino Filmproduktion

Distribution : Carlotta