Cinéma danois, 1996-2026 : 30 ans de découvertes
Le cinéma danois compte quelques grands aînés, à commencer par Carl Theodor Dreyer ou Henning Carlsen. Puis vint Lars von Trier, à qui Premiers Plans consacrait déjà une grande rétrospective en 2014. C'est lui qui, au milieu des années 90, initie le Dogme95 aux côtés de Thomas Vinterberg.
Réaction aux superproductions anglo-saxonnes et à leur usage abusif d'artifices et d'effets spéciaux, le Dogme95 entendait restaurer une sobriété formelle apte à dire les enjeux du monde contemporain. Le manifeste imposait des règles strictes : tournage en caméra portée, lumière naturelle, pas de musique ajoutée, pas d'effets spéciaux. Les films qui en découlèrent, à commencer par Festen (1998) de Vinterberg, cristallisèrent un style vif, nerveux, en prise directe avec le réel, où l'improvisation tenait une large place. Ses promoteurs eux-mêmes ne respectèrent jamais totalement leurs propres commandements. La même année, un jeune réalisateur antisystème partait tourner dans les rues sans autorisation un film de genre frondeur et agressif, Pusher, qui donnera lieu à une trilogie urbaine et violente. Son nom : Nicolas Winding Refn, son acteur : un certain Mads Mikkelsen...
De cette impulsion naîtra une génération de films, de cinéastes et de comédiens qui parcourent nos écrans, petits et grands, depuis lors. Susanne Bier (Brothers, 2004), Anders Thomas Jensen (The Last Viking, 2025), Tobias Lindholm (Hijacking, 2012), Nikolaj Arcel (Royal Affair, 2012) ou encore May el-Toukhy, qui vient de remporter le Lion d'or à Venise pour Woman Unknown (2026), que nous vous proposerons en avant-première : tous font partie de ces cinéastes, souvent scénaristes les uns pour les autres, qui travaillent pour le cinéma comme pour la télévision danoise, notamment la série consacrée Borgen (2010-2022). Mads Mikkelsen et son frère Lars, Trine Dyrholm, Kim Bodnia, Nikolaj Lie Kaas, Sidse Babett Knudsen et Ulrich Thomsen comptent parmi les comédiens et comédiennes devenus des visages familiers au Danemark comme à l'étranger.
Il faut souligner que le Danemark est un petit pays d'à peu près 5 millions d'habitants, et que la profusion de films et de cinéastes qui en ont émergé depuis trente ans est impressionnante. Des films conceptuels (The Guilty, 2018, où l'on suit exclusivement un homme au téléphone), d'autres tournés vers l'international avec des sujets comme la piraterie contemporaine (Hijacking, 2012) ou l'alcoolisme (Drunk, 2020), sans oublier les polars. Le Danemark s'est révélé également une terre fertile pour le cinéma de genre, porté par Nicolas Winding Refn mais suivi par bien d'autres...
Le Festival Premiers Plans vous propose une rétrospective pour découvrir 30 ans de cinéma danois et relier les ponts entre différents artistes d’une même génération.












