39ᵉ édition
23-31 janvier 2027
Image The Guilty
© Jasper Spanning
Danemark
2018 Fiction 1h25
Tous publics avec avertissement
VOST
Une femme, victime d’un kidnapping, contacte les urgences de la police. La ligne est coupée brutalement. Pour la retrouver, le policier qui a reçu l’appel ne peut compter que sur son intuition, son imagination et son téléphone.
Interprétation : Jakob Cedergren, Jessica Dinnage
Scénario : Gustav Möller, Emil Nygaard Albertsen
Image : Jasper Spanning
Montage : Carla Luffe
Musique : Carl Coleman, Caspar Hesselager
Production : Nordisk Film / SPRING
Distribution : ARP
« Le premier film de Gustav Möller, 30 ans, est un concentré de stress sous amphètes. Jamais on ne quitte le centre d'appels, jamais on ne voit les victimes, jamais la caméra ne sort, et pourtant on est rivé. Tout se passe sous les néons d'une salle froide, avec une rage froide qui sous-tend l'image. L'acteur, Jakob Cedergren, présent dans chaque plan, est habité, dirigé avec une précision d'arpenteur maniaque. Tandis que là, quelque part, se joue un drame où les coupables (The Guilty) ne sont peut-être pas ceux qu'on croit, le film passe de la lumière cassante et impersonnelle de l'alert room à la demi-obscurité d'un bureau délaissé. Le réalisateur et son scénariste, Emil Nygaard Albertsen, réussissent l'impossible : réinventer un genre décédé. Des Maudits de René Clément (1945) à Phone Game de Joel Schumacher (2002), en passant par Répulsion de Roman Polanski (1965), Panic Room de David Fincher (2002), le huis clos étouffant a été utilisé, réutilisé – et usé à mort. C'est Douze hommes en colère de Sidney Lumet (1957), drame à haute tension, qui a inspiré Möller. Bonne pioche : tout, image, son, ambiance, est soumis à une dramatisation constante dans The Guilty. L'urgence monte avec un sound design ultra-fin. L'image, peu à peu, capte l'ombre. Le visage d'Asger se fracture sous l'effet de ses erreurs, et de sa nécessaire rédemption. Là-bas, quelque part, dans la nuit, l'humanité sombre dans un crime impardonnable. Ici, dans la salle de cinéma, le spectateur est en survoltage. » (François Forestier ; nouvelobs.com)