Jerzy Skolimowski
En sa présence
Boxeur, peintre, comédien à l'occasion (on le voit même mener l'interrogatoire de Scarlett Johansson dans l'ouverture d’Avengers), Jerzy Skolimowski est avant tout, dans le cœur des cinéphiles, une figure adorée de la mise en scène. Des salles polonaises aux studios hollywoodiens, en passant par la Belgique et l'Angleterre, la qualité de ses films n'a jamais failli, à aucune époque, dans aucun pays.
L'occasion unique de redécouvrir l'œuvre de ce génie du cinéma, qui a su se réinventer à chaque détour de sa carrière. Révélé au milieu des années 60 par ses premiers films burlesques puis par Walkover (1965) salué par Jean-Luc Godard, Signe particulier : néant (1965), où il campe lui-même son double nostalgique, Skolimowski quitte une Pologne plombée par la censure communiste et s'exile en Belgique. Il y tourne Le Départ (1967), comédie frénétique aux côtés d'un Jean-Pierre Léaud étincelant, qui lui vaut l'Ours d'argent du meilleur réalisateur à Berlin. Puis vient l'Angleterre et Deep End (1970), chef-d'œuvre troublé autour de deux adolescents dans une piscine, filmé dans un Londres en pleine effervescence, celui du swinging London.
Toujours en Angleterre, il signe Le Cri du sorcier (1978), film fantastique, inclassable et fascinant, récompensé par le Grand Prix du jury à Cannes, puis Travail au noir, écrit et tourné en quelques mois suite à l'état de siège instauré en Pologne en décembre 1981 et présenté à Cannes en mai 1982 ! Primé pour son scénario et acclamé comme un très grand film, il met en scène Jeremy Irons en Nowak, ouvrier polonais dirigeant une petite équipe travaillant illégalement à Londres tandis que leur pays vit au rythme des couvre-feux. Enfin, il s'aventure aux États-Unis où il tourne un superbe drame à suspense, Le Bateau phare (1985), avec Robert Duvall, Klaus Maria Brandauer et Michael Lyndon, qui n'est autre que son propre fils.
Après une pause de dix-sept ans, qui laisse dans les années 1990 les écrans de cinéma orphelins de ses films, Skolimowski fait son grand retour en ouverture de la Quinzaine des Cinéastes à Cannes en 2008 avec Quatre nuits avec Anna. En 2010, Essential Killing, survival haletant où Vincent Gallo, terroriste en fuite, court pour sa survie, électrise le public. Puis, en 2022, en compétition à Cannes, EO, bouleversante fable entièrement portée par les yeux d'un âne, achève de le consacrer auprès d'une nouvelle génération de spectateurs.
Figure majeure du cinéma polonais, Jerzy Skolimowski sera au Festival Premiers Plans pour présenter une dizaine de ses longs métrages. Une occasion unique de découvrir ou redécouvrir une grande œuvre cinématographique avec de nombreux titres en versions restaurées.
Merci à Jerzy Skolimowski, Ewa Piaskowska, Potemkine, Mk2 et Malavida







