du 17 au 26 janvier 2011

HOMMAGES ET RÉTROSPECTIVES

Federico Fellini

Multi-récompensé et considéré de son vivant comme un maître absolu du cinéma, Federico Fellini a su se dépasser pour inventer un art unique et personnel sur lequel l’écrivain Italo Calvino écrira : « Le film dont nous avions l’illusion de n’être que spectateur est l’histoire de notre vie. » (Autobiographie d’un spectateur).


Âgé de 19 ans, Federico Fellini monte à Rome et commence une carrière de caricaturiste pour des journaux populaires italiens. Loin d’être anecdotique, ce premier métier assoit son goût pour le grotesque inspiré par le réel. Il ouvre une petite boutique où les passants peuvent se faire tirer le portrait. Le monde devient alors pour Fellini un défilé permanent de trognes et de situations. Six ans plus tard, il décroche ses premiers contrats de scénaristes et collaborent à d’importants films italiens avec Roberto Rossellini, Pietro Germi et Alberto Lattuada. C’est avec ce dernier, en 1951, qu’il co-signera Les Feux du music-hall, son « demi »-premier film. Encore un pied dans le néo-réalisme, cette peinture de l’Italie d’après-guerre s’avère très personnelle pour Fellini et révèle déjà une vision du monde complexe qui s’épanouira dans les œuvres à venir.


Il est connu que la carrière du maestro fonctionne comme en deux temps. Il y a la première partie de l’œuvre jusqu’à La dolce vita en 1960, qui rompt définitivement avec le néo-réalisme, puis la seconde à partir de Huit et demi en 1963, qui plonge dans l’introspection. Fellini est alors à la recherche d’une écriture capable de rendre compte d’un sentiment intérieur entre souvenir et inconscient. Il confiait à Simenon (avec qui il tenait une correspondance) qu’il construisait maintenant ses séquences sur des « visions ». Dans Fellini Roma, des souvenirs, des scènes de fantaisie pure se mêlent à d’autres documentaires qui montrent une attention permanente pour le capharnaüm : que ce soit les corps extraordinaires, les autoroutes bondées, les contrastes entre l’ancien et le moderne.


Comme le dit le romancier américain Gore Vidal dans ce même film, « Rome est le meilleur endroit pour attendre l’Apocalypse ». Dans sa première période, Fellini nous montre des individus au bord du naufrage (comme son groupe de jeunes trentenaires paumés dans Les Vitelloni en 1953) puis c’est Rome toute entière qui est décadente dans La dolce vita. Pourtant, les films ne sont pas sombres pour autant mais, au contraire, lumineux. Comme si Fellini nous disait que tout était sauvé si, au milieu d’un effondrement, on pouvait garder sa conscience. Souvent, un personnage se détache du magma humain, après une scène de fêtes notamment, contraint de se retrouver face à lui-même. C’est le cas de Marcello (Mastroianni) qui erre dans la haute bourgeoisie romaine de La dolce vita.


101 ans après sa naissance, revenons au foisonnement de Fellini et à ses films sans frontière entre le rêve, l’imaginaire et la réalité. En collaboration avec le Festival Il Cinema Ritrovato de Bologne et la Cineteca di Bologna, le Festival Premiers Plans vous proposera des copies restaurées d’une dizaine de titres qui, tous, risquent de vous dire quelque chose sur notre présent.



Les Feux du music-hall Italie 1950 1h37
Le Cheik blanc Italie 1952 1h26
Les Vitelloni Italie / France 1953 1h49
La strada Italie 1954 1h48
La dolce vita Italie / France 1960 2h54
Huit et demi Italie / France 1963 2h18
Fellini Roma Italie / France 1972 2h00
Amarcord Italie / France 1973 2h03
Répétition d'orchestre Italie / RFA 1979 1h10
Et vogue le navire Italie / France 1983 2h12


La dolce vita © Pathé Distribution Huit et demi