Le Voyeur
Peeping Tom
Michael Powell

© 1960 Michael Powell (Theatre) Ltd
Jeune technicien d’un studio de cinéma londonien, Mark Lewis souffre d’un déséquilibre mental dû à l’éducation de son père, un psychologue réputé. Ce dernier, en effet, a expérimenté sur son fils l’apprentissage de la peur. Mark en a gardé une fascination morbide pour le masque de la frayeur. Sa caméra munie d’une lame lui permet d’égorger ses victimes tout en filmant leur agonie.
Interprétation : Karlheinz Böhm, Moira Shearer, Anna Massey, Maxine Audley, Brenda Bruce
Scénario : Leo Marks
Image : Otto Heller
Montage : Noreen Ackland
Musique : Brian Easdale
Scénario : Leo Marks
Image : Otto Heller
Montage : Noreen Ackland
Musique : Brian Easdale
Production : Michael Powell (Theatre)
Distribution : Les Acacias
Distribution : Les Acacias
« L’art et l’obsession sont indissociables. Pour créer quoi que ce soit, qu’il s’agisse d’écriture, de peinture, de musique, de danse ou de cinéma, il faut être obsessionnel. Mais on peut facilement dépasser toute limite et se retrouver en danger. Michael Powell n’était pas seulement conscient d’un tel danger, il le vivait. Et il l’a d’ailleurs exprimé de manière cinématographique. Contrairement aux Chaussons rouges, situé dans l’univers de la culture savante, Le Voyeur se déroule à l’échelon le plus bas de la culture populaire, et met en scène un protagoniste qui a déjà franchi la limite. Sur le plan du récit, le film parle d’un tueur en série qui assassine des femmes tout en les filmant. Plus profondément, c’est le portrait d’une autodestruction par les moyens du cinéma - les objectifs sont des scalpels, les joints sont d’authentiques coupures qui saignent, la pellicule est une lame de rasoir et la lumière du projecteur est aveuglante. Le Voyeur est un film unique dans l’histoire du cinéma. Il est d’une beauté étincelante, comme tous les plus grands films de Michael, et je suis ravi qu’on ait finalement pu le restaurer comme ils le méritait. C’est aussi un bouleversement, un film profondément dérangeant et, à mon sens, d’une formidable lucidité sur le danger de la création artistique. » (Martin Scorsese)