39ᵉ édition
23-31 janvier 2027

La Marquise d'O...

Eric Rohmer

Image La Marquise d'O...
FranceAllemagne
1976 Fiction 1h43
Lors de la prise d'une place forte en Lombardie en 1799 par les troupes russes, une jeune veuve, la marquise d'O... est sauvée du déshonneur par un officier de l'armée ennemie, son sauveur. Quelque temps plus tard, elle apprend qu'elle est enceinte, sans savoir de qui. Chassée de la maison familiale, elle décide de retrouver par petite annonce, le père de l'enfant...
Interprétation : Edith Clever, Bruno Ganz, Peter Luhr, Edda Seipel, Otto Sander, Ruth Drexel, Eduard Linkers, Eric Rohmer
Scénario : Eric Rohmer (d'après l'œuvre d'Heinrich von Kleist)
Image : Nestor Almendros
Son : Jean-Pierre Ruh
Montage : Cécile Decugis
Décors : Rol Kaden, Helo Gutschwager
Costume : Moidele Bickel
Mixage : Alex Pront
Musique : Guy Robert d'après des airs des XII et XIII siècles
Production : Les Films du Losange, Janus Film, Fernse-Produktion GmbH
Distribution: Les Films du Losange
Quand Eric Rohmer va à Berlin pour trouver le comte de La Marquise d'O et demande quel est le meilleur acteur de théâtre, on le conduit à Bruno Ganz. Il dirige alors ses acteurs en allemand, des comédiens de théâtre, venant en grande partie de la troupe berlinoise de Peter Stein. L'exigence principale de Rohmer est de faire entendre intégralement le texte de Kleist. Il oblige ses comédiens à articuler encore davantage et ralentit leur rythme par rapport à un travail théâtral. " J'ai cherché à retrouver le naturel de l'époque : un naturel qui, bien sûr, nous paraît emphatique, plein d'éloquence. Je n'ai pas voulu jeter le regard qu'un cinéaste actuel pourrait jeter sur cette période en se servant d'une machine à explorer le temps, mais filmer comme aurait filmé quelqu'un de cette période si le cinéma avait existé. Et c'est la peinture qui nous donne des indications sur les attitudes. " (Eric Rohmer) "J'ai fait mon film le livre en main, il tenait mieux dans la poche qu'un scénario!" Pour Rohmer , "La Marquise d'O..." n'était pas à proprement parler une adaptation du texte de Heinrich von Kleist, mais un travail de mise en scène proche du théâtre. Construit autour d'une ellipse - le fameux plan de la marquise allongée et fiévreuse - le film est imprégné d'un érotisme latent. Des références picturales (Füssli, Greuze, Friedrich, Goya, Fragonard entre autres) apparaissent par intermittence. Elles s'inscrivent autant dans une démarche esthétique que dans une recherche de naturel. Sur ce point, la gestuelle des comédiens, Edith Clever et Bruno Ganz, est remarquable. Le contexte et l'époque "existent" avec simplicité, et le cadre de la reconstitution historique se fait oublier. La marquise apprend douloureusement au départ, et finalement pour son bonheur, que l'angélique et le démoniaque peuvent se rejoindre: voilà la suprême ironie du conte merveilleux de Kleist. Prix spécial du jury de Cannes 1976. Catalogue Premiers Plans 1997