La Carrière de Suzanne
Eric Rohmer

"Six contes moraux" - 2Étudiant égoïste et cynique, Guillaume profite de Suzanne, amoureuse de lui. Bertrand, en admiration devant l'assurance de son camarade, adopte le même comportement avec la jeune fille. Les deux amis s'entendent pour se faire inviter par Suzanne jusqu'à la "ruiner"...
Interprétation : Philippe Beuzen, Catherine Sée, Christian Charrière, Diane Wilkinson, Jean-Claude Biette, Patrick Bauchau, Pierre Cottrell
Scénario : Eric Rohmer
Image : Daniel Lacambre
Son : Jacqueline Raynal
Montage : Jacqueline Raynal
Musique : Extrait des noces de Figaro de Mozart
Scénario : Eric Rohmer
Image : Daniel Lacambre
Son : Jacqueline Raynal
Montage : Jacqueline Raynal
Musique : Extrait des noces de Figaro de Mozart
Production : Barbet Schroeder - Les Films du Losange
Distribution: Les Films du Losange
Distribution: Les Films du Losange
Selon Barbet Schroeder, " chacun des six contes moraux, réalisés entre 1962 et 1972, repose sur un schéma narratif identique. Le héros masculin se laisse aller le temps du film à une tentation de l'extérieur avant de réintégrer in extremis la voie de l'ordinaire. " Ces deux premiers contes en témoignent. " Ils développent deux éléments essentiels : l'espace fondateur de la fiction (le carrefour Villiers proche du parc Monceau) et les relations amoureuses (puritanisme révulsif de Bertrand et donjuanisme de Guillaume à l'égard de Suzanne). Le premier nous découvre le héros rohmérien : narrateur fat, narcissique, plus soucieux de justifier son comportement (finalement abject) que de l'accorder à ses conceptions éthiques. Le second, une première jeune fille rohmérienne accomplie : manipulée en apparence, manipulatrice et rusée en réalité. " (Joël Magny)Deuxième film du cycle des "Six Contes Moraux", "La Carrière de Suzanne" aborde sans détour le sujet central de la série: comment le narrateur, aveuglé par sa subjectivité, s'écarte du réel sur lequel il n'a pas prise. Ainsi, Bertrand découvre-t-il que l'appréciation qu'il portait sur son entourage immédiat était erronée. L'issue de l'intrigue montre que Suzanne ne justifiait pas la "pitié honteuse" de Bertrand, car finalement c'est elle qui se taille la part du lion: elle va se marier avec le beau jeune homme convoité par l'inaccessible Sophie. Prisonnier de son amitié pour Guillaume, Bertrand est peut-être passé à côté de son propre désir pour Suzanne. Cette confrontation du subjectif et de la réalité "objective" prend racine au coeur de l'expression filmique avec la mise en place d'un jeu narratif entre le discours intérieur du protagoniste en voix-off et la neutralité des images, inhérente à l'enregistrement cinématographique. Catalogue 1ersPlans - 1997