39ᵉ édition
23-31 janvier 2027

2001 : l'odyssée de l'espace

2001: A Space Odysse

Stanley Kubrick

Image 2001 : l'odyssée de l'espace
© WarnerBros
Royaume-UniÉtats-Unis
1968 Fiction 2h29
VOST
Des primates préhistoriques, après avoir découvert un monolithe noir, développent des outils et une intelligence supérieure. Des millions d’années plus tard, en 2001, le Dr. Heywood Floyd enquête sur un monolithe enterré sur la Lune, émettant un signal vers Jupiter. Pour explorer cette énigme, le vaisseau Discovery One est envoyé vers Jupiter avec à son bord les astronautes David Bowman et Frank Poole, assistés par l’ordinateur HAL 9000.
Interprétation : Keir Dullea, Gary Lockwood, William Sylvester, Daniel Richter
Scénario : Stanley Kubrick, Arthur C. Clarke
Image : Geoffrey Unsworth
Montage : Ray Lovejoy
Production : Metro-Goldwyn-Mayer (MGM), Stanley Kubrick Production
Distribution : Park Circus
« Ce qui frappe instantanément quand on revoit 2001, l’odyssée de l’espace aujourd’hui, c’est à quel point ce film si important et admiré n’a que peu, voire pas, influencé l’histoire du cinéma. Et s’il a pu inspirer ouvertement certaines œuvres, de Dunkerque à The Tree of Life, qui font plutôt figure d’ovnis — loin cependant de l’étrangeté du film de Stanley Kubrick — ce n’est que pour mieux marquer la frontière qui le sépare d’un cinéma hollywoodien qui n’a, dans le fond, jamais cessé de le fuir. Ainsi ce film, qui fut à l’origine des « blockbusters » qui émergèrent une dizaine d’années plus tard, semble en être l’antithèse esthétique : pas de héros ni d’antagoniste, structure fragmentée, plans vides, enjeux obscurs et dialogues réduits au minimum (là où le cinéma américain est le plus pipelette qui soit). C’est peut-être pour cette raison, d’ailleurs, que cinquante ans après sa sortie en salles, il apparaît si frais, novateur et incroyablement surprenant. Parce que jamais le cinéma ne s’est habitué à son ambition narrative ni n’a su digérer ses propositions formelles. Jamais un film si fondamental n’aura été aussi peu pillé, si ce n’est quelques techniques de trucage et autres motifs. En se recroquevillant vers le néo-classicisme dès les années 1970, le cinéma américain a laissé à 2001 l’exclusivité de son génie, le privilège de sa grandeur, le monopole de l’avance qu’il avait sur son temps — et qu’il a encore aujourd’hui. Il est voué à conserver intacte sa beauté, vierge de toute réappropriation. Un film comme on n’en avait jamais vu jusqu’alors et comme nous n’en reverrons jamais par la suite. Un film dont on redécouvrira avec sidération la force à chaque nouvelle vision puisque personne n’aura su en détourner l’essence. Un film totalement inépuisable. » (Matthieu Santelli ; critikat.com)