La Vie de Jésus
Bruno Dumont

© Mk2 Films
Freddy est jeune, au chômage et souffre d’épilepsie. Il passe ses journées à faire du scooter avec ses amis ou avec sa petite amie Marie. L’arrivée d’une famille arabe en ville déclenche les préjugés racistes de sa bande. Marie les ignore et se lie avec Kader, le jeune immigré.
Interprétation : David Douche, Marjorie Cottreel, Kader Chaatouf, Sébastien Delbaere, Samuel Boidin
Scénario : Bruno Dumont
Image : Philippe Van Leeuw
Son : Matthieu Imbert, Éric Rophé
Montage : Pierre Choukroun, Yves Deschamps, Guy Lecorne
Musique : Richard Cuvillier
Scénario : Bruno Dumont
Image : Philippe Van Leeuw
Son : Matthieu Imbert, Éric Rophé
Montage : Pierre Choukroun, Yves Deschamps, Guy Lecorne
Musique : Richard Cuvillier
Production : 3B Productions, Norfilm
Distribution : Mk2
Distribution : Mk2
« "Quand j’ai tourné La Vie de Jésus, j’ai vidé la ville et les rues de Bailleul, confiera Bruno Dumont dans le dossier de presse de Flandres, presque dix ans plus tard. J’ai enlevé les gens, j’ai enlevé les voitures, pour arriver à une sorte d’abstraction, j’ai besoin d’éliminer. Je passe mon temps à retirer, mais je n’ajoute rien." Less is more. Les dialogues, assez peu intelligibles pour un non-autochtone, sont eux aussi réduits au minimum. Élaguer pour révéler. Or, que révèle La Vie de Jésus ? Le chemin hyper accidenté de Freddy vers une forme d’éveil. Vu de loin, son parcours mystique a quelque chose d’une chronique sociale à la Ken Loach : le film raconte le quotidien d’une jeunesse pauvre et abandonnée dans une région déclassée, gangrénée par le racisme, un quotidien grisâtre rythmé par les tambours de la fanfare locale. De ce terreau fertile pour l’extrême droite naîtra la soif de vendetta d’un Blanc qui s’est fait piquer sa copine par un Maghrébin, puis l’implacable mécanique de la tragédie. Le genre de fait divers sordide que la mère de Freddy – lumineuse mater dolorosa incarnée par Geneviève Cottreel – voit au JT chaque jour, scotchée à l’horizon télévisuel. Sauf que Dumont, qui exècre autant le manichéisme du cinéma social que la bonne conscience cathodique, refuse de délivrer une morale prémâchée : bien et mal se chevauchent en permanence dans La Vie de Jésus, accouchant d’une beauté volontiers dérangeante. Le passage de l’obscurité vers la lumière, voilà ce qui intéresse Dumont : quand, à force de se cogner contre le tangible, le ciel finit par s’ouvrir un peu. Une forme profane et chaotique d’épiphanie. » (Éric Vernay ; troiscouleurs.fr)