Délits flagrants
de Raymond Depardon
1994


Fiche technique        
         
Réalisation       Raymond Depardon
Image       Raymond Depardon et Nathalie Crédou
Son       Claudine Nougaret et Sophie Chiabaut
Montage       Roger Ikhlef, Camille Cotte et Georges- Henri Mauchant
Mixage       Dominique Hennequin
Affiche       Roman Cieslewicz
Production       Pascale Dauman, en coproduction avec la Sept Cinéma, Double D Copyright films, avec la participation du Centre national de la cinématographie, de Canal + et de la Westdeutschen Rundfunk- Köln
Producteurs délégués       Baudoin Capet, Anne Serrié
Distribution France       Connaissance du cinéma
sortie France : 12 octobre 1994
Durée       1h49 - couleur
         
Interprétation       Les substituts Michèle Bernard- Requin, Marc Pietton et Gino Necchi de la 8 e section, les avocats Bruce Aoudaï et Pierre-Olivier Sur, la psychologue Charlotte de S et 14 personnes déférées après délits.
         


Synopsis       Délits flagrants relate une étape précise dans le parcours judiciaire de personnes interpellées au moment de leur délit. Raymond Depardon filme principalement leur entretien avec le substitut du procureur mais aussi, pour certaines, avec un avocat et/ou une psychologue. Après avoir traversé les longs couloirs souterrains qui séparent la Préfecture de police du Palais de justice, talonnant deux personnes déférées menottes aux poignets et accompagnées chacune par un policier, la caméra pénètre dans le bureau du substitut où commencent les audiences. Quatorze personnes déférées, femmes, hommes, immigrés, Français s'expliquent devant des magistrats. Certaines sont accusées d'avoir volé un portefeuille, d'autres de coups et blessures, un Marocain est poursuivi pour escroquerie au bonneteau, un jeune homme de bonne famille se voit reprocher d'avoir « tagué » dans un wagon de métro, puis d'avoir agressé un agent de la RATP. Devant la caméra, le plus souvent fixe, certains reconnaissent les faits, d'autres rusent avec les magistrats, d'autres enfin tentent d'exprimer leur révolte. Les trois substituts mènent les interrogatoires, chacun selon son style, avant de décider si la personne comparaît immédiatement devant un juge ou si elle est libérée sous condition, puis convoquée plus tard devant la Justice. Muriel, une jeune toxicomane poursuivie pour vol de voiture, suit l'ensemble du parcours, rencontrant d'abord une psychologue pour une enquête de personnalité, puis le substitut, et enfin l'avocat commis d'office à sa défense, produisant à chaque fois une version différente des faits qui lui sont reprochés.
       
Édouard Waintrop - La Bibliothèque du film
                
         


A propos       Raymond Depardon oscille entre le besoin d'évasion dont témoignent ses films sur l'Afrique et le désert, et une prédilection pour les lieux d'enfermement dont les petits bureaux de la 8 e section du Palais de justice de Paris sont un exemple magistral. Il oscille également entre la fixité photographique et l'image en mouvement du cinéma. À cet égard, les affinités de Délits flagrants avec la photographie sont sans doute à chercher davantage dans la longueur des plans, qui renvoie à l'attente et à la patience du photographe, que dans leur (illusoire) fixité. Délits flagrants est un film à caractère exceptionnel, puisqu'avant lui, aucune caméra n'avait pu pénétrer dans l'enceinte du Palais de justice de Paris. Il s'agit donc historiquement, en 2002, du seul documentaire français qui ait réussi, après sept longues années de négociations entre son réalisateur et les institutions judiciaires, à montrer la justice au quotidien en train de s'exercer. Que le dispositif de tournage lui soit imposé ne constitue pas, pour le cinéaste, un obstacle majeur : être à l'écoute et se contenter d'enregistrer des entretiens sous la forme de longs plans fixes réunissant dans le cadre les deux protagonistes de profil convient bien à Depardon qui, dans la tradition du cinéma direct, ne cherche pas à imposer un point de vue par des artifices de tournage et se montre prêt à renoncer à la notion de mise en scène (au sens classique d'intervention). D'autre part, cette liberté provisoirement abandonnée, il la reconquiert à l'étape du montage, sur un terrain où l'institution n'a aucune prise : celui de l'architecture du film. En déplaçant ainsi le discours du film du verbal (réservé aux personnes filmées) au formel, Depardon nous rappelle que nous sommes non seulement devant l'appareil judiciaire, mais aussi, et peut- être surtout, devant un film. Si la figure du réalisateur cherche à s'effacer, le cinéma, lui, ne disparaît pas derrière ce qui est filmé. Ainsi, sans l'être trop et parce qu'il ne l'est pas trop, Délits flagrants est un vrai film pédagogique, au meilleur sens du terme.
        Édouard Waintrop - La Bibliothèque du film                
         


Photos      
        D.R.
       
        D.R.


Affiche      
        D.R.


Liens        
         
Cinéma Le France
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      Le cinéma Le France à Saint Etienne, propose de nombreuses fiches films, notamment des films des dispositifs d'éducation à l'image. Voici un lien vers la fiche PDF de Délits flagrants.
         
Intervention de Frédéric Sabouraud
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      Lors de la formation Lycéens au cinémade novembre 2003, Frédéric Sabouraud est intervenu devant les enseignants à la suite de la projection de Délits flagrants.
Deux enseignantes nous ont aimablement transmis leurs notes.
         
Connexion       Extraits du débat ayant eu lieu à l'Escurial, le 3 juin 2004, avec Raymond Depardon (réalisateur), Jean-Marie Coulon (Premier président honoraire de la Cour d'Appel de Paris), Claudine Nougaret (ingénieur du son).
         
Connexion       Avec 10e Chambre, Instants d'audiences, Raymond Depardon a réalisé un passionnant documentaire qui fait suite à Délits flagrants. Rencontre.
         
Connexion       Le documentariste poursuit son exploration de la justice en plantant ses caméras dans un tribunal correctionnel. Il y dévoile une "comédie humaine" à la Balzac. Entretien.
Voir aussi en lien sur cette page l'entretien avec Michèle Bernard-Requin, ex-présidente de la 10e chambre "Quelquefois, je parle trop".
         


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