Coordination régionale des Pays de la Loire association Premiers Plans
Programme régional Lycéens au cinéma - année 2004 / 2005
Lost in La Mancha
de Keith Fulton et Louis Pepe

2002 / 1h29
Scénario : Keith Fulton, Louis Pepe
Directeur de la photographie : Louis Pepe
Musique : Miriam Cutler
Interprétation :

Avec, dans leur propre rôle : Terry Gilliam , Johnny Depp, Jean Rochefort.
Le narrateur : Jeff Bridges

Production : Quixote Films / Low Key Pictures
Distribution : Haut et Court
Synopsis :

Lost in La Mancha est en quelque sorte un désastre qui se déroule au ralenti sous nos yeux. Vous connaissez d'avance le destin tragique de l'entreprise mais, impuissants, vous ne pouvez intervenir. Après avoir eu en tête l'adaptation de L'Homme Qui Tua Don Quichotte pendant plus d'une dizaine d'années, Terry Gilliam ( L'Armée des 12 Singes, Brazil) parvint enfin à réunir les fonds nécessaires au financement du projet. La distribution suivit et toute l'équipe prit la direction de L'Espagne pour le tournage. Mais une avalanche de catastrophes — peut être la malédiction de Quichotte — enterra définitivement le projet après seulement une semaine de tournage.

Narré quelque peu vainement par Jeff Bridges, le documentaire offre un regard sur les coulisses d'une grosse production morte avant même d'être née. Etonnamment, la naissance de l'œuvre — préparatifs d'une réussite probable — est bien plus intéressante que son agonie. Bien avant l'arrivée d'une distribution prestigieuse (Jean Rochefort, Johnny Depp et Vanessa Paradis), on découvre Gilliam et ses fabuleux story-boards (il désirait en faire une version comique), une discussion sur les problèmes logistiques d'un combat entre une marionnette et un homme, ainsi que d'autres préambules sur la fameuse scène des moulins.

Les cinéastes (Keith Fulton et Louis Pepe qui rejoignirent le projet après que Gilliam ait apprécié leur documentaire d'étudiants sur L'Armée des 12 Singes) nous fournissent aussi quelques informations sur la production chaotique d'autres longs métrages de Gilliam, comme les bancales mais fantastiques Aventures du Baron Munchausen. L'utilisation de séquences animées, dans la veine des Monthy Pythons, rend un hommage fantasque mais respectueux à l'homme qui en ait à l'origine. Si elles s'avèrent quelque peu inutiles, elles fournissent toutefois une pause bienvenue dans la narration assez linéaire du documentaire.

Alors que le film progresse de la phase de pre-production à l'actuel tournage, la malédiction commence à frapper. Ils réalisent d'abord que le lieu de tournage se trouve sous la route de pilotes de chasses. Rochefort tombe ensuite malade tandis que dans une ultime colère des dieux, les décors et l'équipement sont presque totalement emportés par une inondation. Les problèmes s'accumulent jusqu'à ce que producteurs, financiers et assureurs débarquent pour tenter de sauver les meubles. Les conséquences seront inévitables, les tractations qui suivent marquant la fin du spectacle (celui de Gilliam et le nôtre).

Laura Tiffany - www.plume-noire.com