Coordination régionale des Pays de la Loire association Premiers Plans
Programme régional Lycéens au cinéma - année 2002 / 2003
"Festen"
de Thomas Vinterberg

Danemark / 1997 / 1h46 / Couleur / VO

Scénario : Thomas Vinterberg (non crédité) et Mogens Rukov
Image : Anthony Dod Mantle
Son : Morten Holm
Montage : Valdis Oskar Sdottir
Musique : Lars Bo Jensen
Mentions spéciales au générique : Carton certifiant que le film a été produit en accord avec les principes du Manifeste du Dogme rédigé en 1995.
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Interprétation : Christian Klingenfelt : Ulrich Thomsen - Helge Klingenfelt, le père : Henning Moritzen - Michael Klingenfelt : Thomas Bo Larsen - Helen : Paprika Steen - Else Klingenfelt, la mère : Birthe Neumann - Pia : Trine Dyrholm - Mette : Helle Dolleris - Michelle : Therese Glahn - Le maître de cérémonie : Klaus Bondam - Kim, le chef cuisinier : Bjarne Henriksen - Gbatokai : Gbatokai Dakinah - L'oncle : Lasse Lunderskov - Le réceptionniste : Lars Brygmann - La sœur : Lene Laub Oksen - Birthe : Linda Laursen - Le grand-père : John Boas - La grand-mère : Erna Boas - Le chauffeur de taxi : Thomas Vinterberg (non crédité)
Production : Nimbus Film APS
Distribution : Les Films du Losange
sortie France le 23 décembre 1998
Synopsis : Une route traversant la campagne danoise, au milieu des années 1990… Un homme chemine, seul. Christian Klingenfeldt a quitté sa terre natale pour s'établir comme restaurateur à Paris ; il revient à l'occasion d'une fête donnée en l'honneur des soixante ans de son père, Helge.
Outre les domestiques et la communauté familiale, la grande demeure bourgeoise vers laquelle il se dirige abrite un douloureux secret : la famille est rongée par une blessure encore dissimulée, et néanmoins manifestée par le comportement déséquilibré de la plupart de ses membres : alcoolisme plus ou moins discret des deux fils Klingenfeldt, récent suicide de l'une de leurs soeurs, etc.
La cérémonie d'anniversaire est inaugurée par un discours accusateur de Christian, qui dénonce l'inceste auquel son père l'a soumis. Incrédulité générale : dans un premier temps, le groupe refuse d'entendre la parole du fils. Soutenu par l'équipe de domestiques qui s'active en cuisine, Christian revient à la charge : lui et sa soeur jumelle disparue ont bel et bien été victimes de viol.
Après avoir joué la surdité, la communauté s'éveille au non-dit, mais pour lui opposer une réaction violente : Christian est banni, littéralement mis à la porte. Pour autant, la parole désormais entendue va traverser le corps familial comme une onde de choc, jusqu'à le disloquer. En définitive, la famille parviendra à se reformer autour de la blessure, mais sans lui apporter d'autre réponse qu'une exclusion supplémentaire, celle du père.
A propos du film : L'étiquette " Dogma 95 " n'est sans doute pas étrangère à la publicité dont bénéficia "Festen" lors de sa sortie en salle. Mais si le film n'était que l'emblème du " Dogme ", il ne mériterait sans doute pas que l'on s'y arrête. Car au fond, le " Dogme ", est-ce autre chose que les principes de la dramaturgie classique (règle des trois unités) accommodés à une esthétique supposée " Nouvelle Vague " (décors et éclairages naturels, moyens techniques légers, caméras portées, etc.) ? De même, dire que Festen s'inscrit dans une longue tradition du cinéma nordique, avec référence obligée à Dreyer et à Bergman (Fanny et Alexandre), est exact mais un peu vain.
" Ce qui m'intéressait surtout, déclara Vinterberg, c'était d'établir un lien entre la montée du fascisme dans un pays et la pression du mensonge structurant tous les membres de cette famille. " C'est donc la piste " politique " qui semble la plus féconde pour rendre compte de
Festen , film de critique sociale et analyse lucide du fascisme ordinaire. Ainsi compris, il s'inscrit dans une filiation plus inattendue : sur le plan thématique, celle de Visconti (Les Damnés) ou de Bertolucci (Le Conformiste) ; sur le plan esthétique, celle de Buñuel (L'Ange exterminateur), voire de Cassavetes (Faces). Il peut aussi apparaître comme le dernier surgeon de l'un des chefs-d'oeuvre les plus féconds de l'histoire du cinéma, La Règle du jeu de Renoir. Plus simplement, "Festen" demeure un film éminemment actuel, qui frappe par la parfaite adéquation entre son thème, sa présentation dramatique et son traitement artistique.
Source Dossier Festen BIFI

Auteur du dossier : Barbara Le Maître