Onze films européens sur le thème des enfants au cœur de la guerre.
Allemagne, année zéro - Roberto Rossellini 1947
Le Pont - Bernhard Wicki 1959
L'Enfance d'Ivan - Andrei Tarkovski 1962
Le Vieil homme et l'enfant - Claude Berri 1967
La Cousine Angélique - Carlos Saura 1973
Va et regarde (Requiem pour un massacre) Elem Klimov 1985
Au revoir les enfants - Louis Malle 1987
Hope and glory - John Boorman 1987
La Vie est belle - Roberto Benigni 1997
Le Cercle parfait - Ademir Kenovic 1997
West Beyrouth - Ziad Doueiri 1999
Fiches pédagogiques :
Allemagne année zéro - format word - pdf
Au revoir les enfants - format word - pdf
Le cercle parfait - format word - pdf
La cousine Angélique - format word - pdf
Hope and Glory - format word - pdf
Le pont - format word - pdf
Le vieil homme et l'enfant - format word - pdf
La vie est belle - format word - pdf
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Le titre même de cette rétrospective comporte une contradiction, commune à la totalité des films présentés : la guerre n’est pas faite pour les enfants, et les enfants ne sont pas faits pour la guerre ; le spectateur mesure à chaque scène l’absurdité d’une telle situation ; il est instauré par les différentes histoires qui lui sont racontées comme le témoin d’un scandale qu’il voudrait ne plus voir se reproduire. Son émotion est renforcée par les moyens de la narration : le point de vue adopté est souvent celui des enfants eux-mêmes ; la caméra est placée parfois à leur hauteur, faisant voir la démesure de ce à quoi ils sont confrontés ; les gros plans sur leurs visages montrent le reflet des horreurs dont ils sont témoins ; le tragique de l’activité guerrière est mis en valeur par le contraste avec les scènes de bonheur, qui n’existent qu’à distance des combats (Le vieil homme et l’enfant, Hope and Glory) ou qui se révèlent n’être qu’un rêve bien lointain (Le cercle parfait, West Beyrouth) ; les explosions, tirs de balles, coups de canon ne sont pas montrés comme les jolis feux d’artifice de la pyrotechnie hollywoodienne, mais comme porteurs de destruction et de mort ; surtout, ces personnages d’enfants, que l’on veut protéger des combats (le professeur du Pont demande que l’on ferme la fenêtre de la salle de classe, les religieux d’Au revoir les enfants cachent des enfants juifs), ne peuvent échapper à l’emprise de cette violence généralisée - sauf dans le joli conte de La vie est belle : leur destin est d’en devenir les premières victimes, mais aussi de perdre leur innocence et de se transformer en leurs propres bourreaux, ne serait-ce que par un regard dans Au revoir les enfants, ou en commettant toutes les bassesses pour survivre (Allemagne année zéro), ou encore en s’appropriant stupidement les valeurs du courage et de l’héroïsme (Le pont, L’enfance d’Ivan) ; la guerre produit ainsi soit un anéantissement physique, soit une ruine morale. Le spectateur ne peut sortir indemne de ces œuvres, indigné que les valeurs de l’humanité et de la civilisation n’aient pu protéger les enfants de telles défaites.
Louis Mathieu
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