du 17 au 26 janvier 2011

HOMMAGES ET RETROSPECTIVES

Michael Dudok de Wit

Il préside le jury courts métrages et présente l'ensemble de ses films. En présence également de Xavier Kawa-Topor.

Après des études en Suisse et en Angleterre, le néerlandais Michael Dudok de Wit s'installe à Londres où il travaille en tant qu'animateur et réalisateur de publicités à succès (dont une pour American Airlines primée à Annecy). En 1992, il réalise à domicile le court métrage de trois minutes Tom Sweep suivi du Moine et le Poisson en 1994. Ce court, réalisé dans le cadre du programme « Artiste en résidence » du studio Folimage, le rend célèbre dans le monde de l'animation. Après vingt ans, Le Moine et le Poisson demeure un classique de l'animation, à la frontière du burlesque, où la pureté de la ligne claire (à l'encre de Chine et à la gouache) se marie parfaitement à la composition musicale de Serge Besset. Le film remporte le César du meilleur film d'animation et est nommé aux Oscars. Il gagnera ce dernier pour Père et Fille qu'il réalise en 2000. Michael Dudok de Wit voit sa vie basculer lorsqu'il reçoit un mail des studios Ghibli avec deux questions. La première est simple : il demande les droits de distribution au Japon de Père et Fille. La seconde est plus complexe. Il s'agit de savoir s'il accepterait de faire un long métrage avec eux. Michael Dudok de Wit a répondu à la première question mais a dit ne pas comprendre la seconde… Créé en 1985 par Hayao Miyazaki et Isao Takahata, les deux maîtres de l'animation japonaise, le légendaire studio n'avait jusqu'alors jamais produit un cinéaste non japonais. De cette association naît La Tortue rouge (2016), projet au long cours, qui reprend l'art minimaliste du récit des précédents essais du cinéaste, mais décuple la puissance graphique de l'animation. On y retrouve l'épure des lieux de Père et Fille (une forêt, une plage, une falaise) comme le rapport musical des lignes et des sons de The Aroma of Tea (2006). Dans ce travail sans dialogue, où le moindre mouvement de feuille fait événement, Michael Dudok de Wit recherche une écriture purement visuelle, un retour primitif aux sensations. L'animation est faite de manière hybride, mêlant numérique et travaux réalisés à la main, apportant une texture granuleuse à l'image. Ce conte philosophique en forme de récit d'aventure séduit public et critique lors de sa sortie il y a deux ans.



Long métrage

La Tortue rouge

Michael Dudok de Wit
2016 - France / Belgique / Japon - 1h20
Avec les voix de Emmanuel Garijo, Tom Hudson, Baptiste Goy, Axel Devillers, Barbara Beretta

Un naufragé se trouve dans l'eau, seul, au milieu de l'océan démonté. Il s'échoue sur une plage à proximité d'une forêt de bambous. L'homme se nourrit et explore la région : il monte au sommet d'une éminence rocheuse et s'aperçoit qu'il se trouve sur une île déserte peuplée d'une faune et d'une flore foisonnantes. Après une série de mésaventures, l'homme se confronte à une grande tortue rouge qui l'empêche de quitter l'île.
Sous la supervision d'un trio inattendu (le néerlandais Dudok de Wit à la réalisation, la française Pascale Ferran au scénario et le japonais Isao Takahata en « producteur artistique »), La Tortue rouge se présente dès ses premières scènes comme une variation autour de Robinson Crusoé, fable animiste qui interroge le rapport de l'homme à la nature. L'animation des personnages adopte un style réaliste et certaines scènes nécessitent une abondante documentation de référence pour les animateurs. Les techniques d'animation utilisées sont hybrides et donnent naissance à un film à la beauté formelle, simple et évidente.
Horaires : jeudi 31 - 10h00 - Le Quai - T900 - présenté par Michael Dudok de Wit - réalisateur samedi 2 - 14h15 - Multiplexe - 2 - présenté par Michael Dudok de Wit - réalisateur - Film avec sous-titres SME


Courts métrages

Les courts métrages du réalisateur, ainsi que d'autres pépites choisies par Michael Dudok de Wit.


Horaires : lundi 28 - 10h00 - Les 400 coups S1 jeudi 31 - 19h30 - Les 400 coups S6 samedi 2 - 10h30 - Multiplexe - 2 - suivi d'une rencontre avec Michael Dudok de Wit - réalisateur
durée: 61 mn

Père et Fille

Michael Dudok de Wit
2000 - Pays-Bas / Belgique / Royaume-Uni - Animation - 08mn
Un père dit au-revoir à sa fille et s'en va. Elle attend son retour des jours, des saisons, des années…
Le succès du Moine et le Poisson a donné confiance à Michael Dudok de Wit pour entreprendre Père et Fille. Il se base à nouveau sur des petits gestes pour exprimer un sentiment profond et plus grave. « La conception du story-board m'a pris beaucoup de temps, parce que je voulais condenser toute une vie en quelques minutes, tout en créant un sentiment très fort de temps et d'espace – je voulais éviter que les événements se déroulent trop vite. Ce fut très difficile. » (Positif n°508, entretien avec Gilles Ciment)

Le Moine et le Poisson

Michael Dudok de Wit
1994 - France - Animation - 06mn
Dans un monastère, hors du temps, où règne la sérénité, un moine se repose. Jusqu'au jour où, près du bassin, il remarque la présence d'un poisson sautillant. Obsédé par cette découverte, il essaie d'attraper l'animal en utilisant toutes sortes de stratagèmes.
César du meilleur court métrage 1994, Le Moine et le Poisson assoit la réputation de Michael Dudok de Wit. En résidence au studio Folimage de Valence, il travaille d'arrache-pied sur ce projet : « Je me disais que si ce projet personnel – le premier à me tenir vraiment à cœur – ne rencontrait pas du tout le public, je serais bien obligé de constater que je n'étais pas sur la bonne voie, et que je devrais changer de vocation, ou accepter d'exécuter des travaux commerciaux pour le restant de mes jours. » (Positif n°508, entretien avec Gilles Ciment)

L’Homme qui plantait des arbres

Frédéric Back
1987 - Canada - Animation - 30mn
Avec les voix de Philippe Noiret

Un jeune homme croise par hasard Elzéard Bouffier, un berger provençal, qui reboise patiemment un coin de pays d'où la vie s'était retirée. Il le retrouve à plusieurs reprises au cours de sa vie et voit un paysage désolé et balayé par les vents se transformer progressivement…
Canadien d'adoption et grand défenseur de la cause écologique, Frédéric Back adapte ici Jean Giono pour ce « long court métrage » porté par la voix agréable et profonde de Philippe Noiret. Ce récit humble et émouvant va connaître un immense succès en Festival et de nombreuses personnes prendront la suite du personnage, reboisant patiemment des territoires. D'une éblouissante beauté, le film commence par une animation proche du croquis avant de s'épanouir dans un maelström impressionniste.

The Aroma of Tea

Michael Dudok de Wit
2006 - Pays-Bas - Animation - 03mn
L'histoire d'une petite sphère qui, ayant décidé de changer d'air, fait la connaissance d'une grande.
Les talents de graphiste, dessinateur et peintre de Michael Dudok de Wit s'expriment pleinement dans ce film aux images peintes uniquement à partir de thé. Il nous montre le cheminement et le voyage d'une petite sphère à travers des formes aux réminiscences asiatiques et en harmonie avec la musique du compositeur et violoniste baroque Arcangelo Corelli.

Tom Sweep

Michael Dudok de Wit
1992 - France - Animation - 02mn
Tom Sweep a pour mission de ramasser les ordures mais sa tâche se complique avec les allers-retours de passants qui ne font pas attention à lui.
Lassé par son travail à la télévision, Michael Dudok de Wit a pensé Tom Sweep comme le pilote d'une série. Malgré le succès du film, la série ne verra jamais le jour. Construit autour d'un seul angle de caméra, Tom Sweep a été fait entièrement à domicile.

Le Héron et la Cigogne

Youri Norstein
1974 - Russie - Animation - 10mn
Avec les voix de Innokentiy Smoktunovskiy

Le héron désire se marier avec la cigogne. La cigogne refuse, puis se ravise. Trop tard, c'est au tour du héron de changer d'avis. Et ainsi de suite... Dans un décor de ruines mangées par la végétation, leur marivaudage se poursuit, apparemment sans issue possible.
Quatrième court métrage de Youri Nourstein, cette valse des sentiments est récompensée dans le monde entier et notamment au Festival d'Annecy en 1975. Les personnages sont animés en papier découpé et prennent place sur un environnement tout en couleurs ternes, légèrement brumeux. Une série de caractéristiques qui annoncent son court métrage suivant : Le Hérisson dans le brouillard.